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Au Barcarès, les tarifs ? C'est au feeling

il y a 16 heures
3 min de lecture

Lors du dernier Conseil municipal du 23 septembre, plusieurs délibérations se sont succédé concernant des conventions d’occupation et des tarifs très différents selon les évènements.


Comment fixe-t-on le prix d’occupation des équipements et du domaine communal au Barcarès ? De quoi forcément nous interroger sur la méthode de calcul. J’ai donc posé la question en Conseil.


Réponse du maire : « C’est au feeling ! »  


Il faut reconnaître à cette réponse un immense mérite : elle simplifie considérablement les calculs. Plusieurs tarifs étaient justement soumis au vote :




Évidemment, ces événements sont différents. C’est justement pourquoi des questions se posent : quels critères permettent d’établir ces montants ? Surface ? Durée ? Valeur des locaux ? Caractère commercial ? Moyens municipaux mobilisés ? Nettoyage ? Remise en état ? Retombées médiatiques ? Logement à disposition ou non ?


J’ai donc demandé comment avaient été calculés les 20 000 € du tournage Digital Nak.

Réponse :  « C’est au feeling, voyez-vous, au feeling ! » Puis une seconde fois pour voir si il y avait possibilité d'un développement… « C’est au feeling. Voilà ! »

 

Au moins, la grille tarifaire tient sur une ligne! Bigre, c'est donc si simple… 20 000 € pour un tournage XXL, calculés aux battements du cœur… Et nous ne parlons pas d’une petite occupation.

Plus de 200 personnes annoncées, près de 200 conteneurs, les Jardins du Lydia profondément transformés, même s'ils ont, il est vrai, déjà connu bien des transformations, l’accès au Lydia, l’utilisation ponctuelle de l’amphithéâtre Cocteau-Marais et le prêt d’une vingtaine de mobil-homes.

Aujourd’hui, conteneurs, nacelles, installations techniques et véhicules accidentés composent le paysage.

Certains riverains résument avec humour leur nouvelle vue, d'autres beaucoup moins, mais unanimes : « On se croirait devant une casse-auto ! »  Alors 20 000 €, pourquoi pas. Mais pourquoi 20 000 € ? C’est précisément ce que je cherchais à comprendre.

Le maire invoque la négociation et les importantes retombées médiatiques attendues. Il va même jusqu’à expliquer que si la production avait proposé 0 €, compte tenu de cette publicité aux 5 millions de vues, il aurait pu accepter.


Voilà qui élargit considérablement la fourchette tarifaire.


Pourtant, quelque chose ne colle pas.


J’avais eu auparavant un long échange téléphonique avec une membre de la production. Elle m’avait expliqué que le tournage était initialement prévu à Marseille, mais que le coût demandé n’était pas celui prévu de leur budget. Marseille dispose d'une grille tarifaire spécifique aux tournages et aucun accord tarifaire n'avait pu être trouvé. Le projet devait donc être déplacé en urgence et Le Barcarès avait répondu rapidement, notamment grâce à un contact professionnel de longue date avec Maxime Ferrand, en charge des évènements sur la commune.


En conseil, pourtant, l'explication devient difficile à suivre.


Le maire affirme d'abord : « Je crois que Marseille était bien en deçà de ça. » Autrement dit, si l'on comprend ses propos au sens littéral, Marseille aurait demandé moins que les 20000€ finalement négociés au Barcarès.

Je rectifie immédiatement :« Non, pas du tout. Marseille était trop chère, oui. C’est ce qu’elle m’a confirmé. Ce n’était pas dans leur budget. »

C'est là que le raisonnement se brouille encore davantage: le maire présente les 20 000€ comme le résultat d'une bonne négociation, tout en expliquant quelques instants plus tôt que, compte tenu des retombées médiatiques attendues, il aurait pu accepter 0€ si la production l'avait proposé.


Entre Marseille présentée comme " bien en deçà", une production qui m'explique le contraire, 20 000€ présenté comme une bonne négociation...mais 0€ qui aurait été acceptable, difficile de trouver une logique tarifaire.


Ici c'est : "feeling", on vous l'assure.


Et la convention ?


Puisque nous devions voter cette mise à disposition, j’ai également demandé en toute simplicité : « Elle est où, la convention ? » Réponse en toute même simplicité : « Peu importe! »

Puis vient l’explication selon laquelle les décisions du maire n’ont pas à recevoir mon agrément.

Certes.

Mais je ne demandais pas à les agréer. Je demandais à consulter les conditions de l’occupation sur laquelle nous étions justement appelés à nous prononcer. Ce n’est tout de même pas exactement la même chose. Un peu plus tard, Thierry LAUR relève plusieurs erreurs dans le tableau du Salon des Antiquaires. A l’œil, les calculs ne correspondaient pas aux totaux , il l’avait lui-même rapidement « fait le calcul au feeling, Monsieur le Maire ! » Visiblement, la méthode était déjà contagieuse.  


Car on peut négocier, favoriser un événement pour ses retombées et tenir compte de son intérêt touristique. Mais lorsqu’il s’agit de valoriser le patrimoine et les moyens de la commune, il devrait rester possible de répondre à une question très simple : Pourquoi 1 000 €, 5 000 €, 10 000 € ou 20 000 € ?


À défaut de grille, nous avons désormais la réponse donnée en Conseil municipal : C’est au "feeling".


Qu'en pensez-vous?

 
 
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