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Conseil municipal du Barcarès : les sièges bougent, les groupes se défont… et les silences en disent long !

il y a 11 minutes
7 min de lecture

Majorité remaniée, opposition dispersée : sept mois après les élections municipales, le conseil municipal du Barcarès connaît ses premiers mouvements significatifs. Un départ, de nouvelles fonctions et indépendance revendiquée, faisons le point sur ce qui change… et sur ce qui ne change pas.


Du mouvement dans la majorité : une nouvelle adjointe et cinq bulletins intrigants


À la suite de la démission de Madame Marie-Hélène Charles, datée du 21 septembre 2026 et acceptée par le préfet le 23 septembre, Monsieur Fabrice Succi, suivant sur la liste majoritaire, a été appelé à siéger au conseil municipal. Bienvenue à lui.

Madame Anne Bazerbe a quant à elle été proposée pour reprendre les fonctions de sixième adjointe au maire. Jusque-là, rien de particulièrement inhabituel. Les démissions et les remplacements font partie de la vie d'un conseil municipal. En six années de mandat précédent, j'en ai d'ailleurs connu quelques-uns!


Mais le résultat du scrutin mérite que l'on s'y attarde. Sur 29 bulletins déposés dans l'urne, 24 voix se sont portées sur Anne Bazerbe et cinq bulletins étaient blancs.

Cinq ! Voilà qui a de quoi éveiller ma curiosité.


Non pas que l'élection de Madame Bazerbe ait été contestée, puisqu'elle a été élue, mais parce que ce résultat tranche avec les habitudes du : faites comme je vous demande de faire.


Pour ma part, je n'avais encore jamais observé un tel résultat lors d'un remplacement d'adjoint au cours de mon précédent mandat. Alors, d'où viennent ces cinq bulletins blancs?Le scrutin étant secret, personne ne peut sérieusement l'affirmer.

Ce que je peux dire, en revanche, c'est que du côté de notre opposition, nous n'avions aucune raison de nous opposer à cette candidature, nos votes lui étaient favorable.


Et si certains ont souhaité exprimer une réserve, quelle qu'en soit la raison, je trouve plutôt rassurant qu'un conseil municipal puisse laisser une place à l'appréciation personnelle.

Après tout, l'unanimité n'est pas une obligation démocratique !



Dans l'opposition : un premier départ… découvert juste avant séance !


Le changement est plus profond du côté de la liste « Pour Le Barcarès, changeons d'ère ! », conduite par Thierry Laur, élu sous l'étiquette Rassemblement National, et créditée de cinq sièges lors des élections municipales de mars 2026.


Premier épisode : Patrick Ganel.


Entre le conseil municipal du 27 juillet et celui du 23 septembre, une évolution s'est manifestement produite.

C'est en avant séance que j'ai découvert, avec une certaine stupéfaction, que Patrick Ganel quittait notre groupe pour siéger en indépendant.

J'ai tout juste eu le temps de lui demander : « Mais pourquoi ? »

Il a alors évoqué des attaques personnelles sur les réseaux sociaux.

Des attaques ? Lesquelles ? Je n'avais personnellement rien vu, rien lu, rien su.


Souhaitant comprendre ce départ et pouvoir, éventuellement, l'expliquer aux Barcarésiens qui nous avaient accordé leur confiance, je lui ai ensuite posé la question par écrit.

Sa réponse fut aussi brève que définitive : « Je n'ai pas à me justifier. »

C'est exact. Aucun élu n'est tenu de justifier politiquement son choix de quitter un groupe.

Mais entre l'obligation de se justifier et la simple volonté de s'expliquer, il existe tout de même une nuance.

On ne quitte généralement pas une équipe parce que tout va merveilleusement bien ! C'est difficile de se contenter d'une formule à emporter en évoquant simplement un désaccord.

Patrick Ganel, élu sous l'étiquette du Rassemblement national, poursuit donc son mandat en indépendant.


Deuxième départ : Arnaud Bruchet explique sa décision


Le 17 octobre, c'est au tour d'Arnaud Bruchet, élu sans étiquette, d'annoncer son départ.

Cette fois, les explications sont détaillées. Dans un message adressé aux membres du groupe, il évoque lui aussi des désaccords profonds sur le fonctionnement interne, des critiques entre colistiers et une place trop importante accordée, selon lui, à la visibilité personnelle.

Il dénonce notamment ce qu'il considère comme une « police de la pensée », où des choix de vote différents exposeraient leurs auteurs à des critiques.

Ce sont ses mots, son analyse et son ressenti, qu'il a choisi d'exprimer ouvertement.

On peut partager ou non son appréciation. Mais au moins, sa décision est expliquée.


Arnaud Bruchet annonce poursuivre son mandat de conseiller municipal en indépendant, remercie ses anciens collègues pour le chemin parcouru et leur souhaite une bonne continuation dans cette dernière note collective.


Et là, pour ma part, une nouvelle surprise.


Non pas son départ, dont les raisons étaient clairement exposées.

Mais l'absence de réaction de Thierry Laur.

Pas un mot, pas même une formule de courtoisie ou un souhait de bonne continuation.

Rien.


Pour celui qui conduisait notre liste et notre groupe d'opposition, qui entendait fédérer une équipe autour d'un projet municipal commun, ce silence m'a particulièrement interpellée.

Il n'était évidemment pas question de retenir Arnaud contre son gré. Mais n'y avait-il vraiment rien à dire ? Rien à regretter ? Rien à questionner sur le fonctionnement d'une équipe de seulement cinq personnes ?


Troisième départ : le mien, et les raisons d'une implosion


Le 20 octobre, j'ai à mon tour informé Thierry Laur de ma décision de quitter le groupe.

Non par désaccord avec notre rôle d'opposition à la majorité municipale, que je continue pleinement d'assumer, mais parce que je ne me reconnais pas dans ce fonctionnement.


Je lui ai notamment écrit :

« Je reste convaincue que les non-dits, comme les paroles de trop, et surtout l'absence de véritable dialogue clair, finissent par fragiliser n'importe quelle équipe. »


Faire comme si tout allait bien, éviter les sujets qui dérangent, laisser les tensions s'accumuler sans véritablement les traiter ne règle rien. Cela ne fait que repousser les difficultés, jusqu'à ce qu'elles deviennent insurmontables. Et c'est bien ce qui s'est produit.

Une équipe de cinq élus, réunis autour d'une ambition commune pour Le Barcarès, n'aura finalement pas réussi à maintenir son unité au-delà de quelques mois.

Il ne suffit pas d'afficher un collectif pour qu'il existe réellement. Encore faut-il lui donner les moyens de fonctionner, d'échanger, de confronter les opinions et, parfois, de reconnaître les difficultés et se remettre en question pour perfectionner ses compétences.

Le silence ne constitue pas une méthode de résolution des conflits.


Et la dernière illustration en date ne manque pas de sel.


Alors que les départs se succèdent, Virginie Cugnière élue sans étiquette, intervient enfin sur le groupe de discussion réunissant les membres de la liste « Pour Le Barcarès, changeons d'ère ! ».

Une double information : la date du prochain conseil municipal, fixé au 26 octobre et un bref état des lieux de notre groupe, accompagné d'une explication des départs successifs.


Selon elle, les élus concernés souhaiteraient simplement pouvoir voter librement, sans avoir de comptes à rendre aux autres membres.

Une lecture que je trouve pour le moins traduite en diagonale.


Thierry Laur avait lui-même rappelé à plusieurs reprises, y compris en conseil municipal, que chacun des membres de notre groupe demeurait libre de ses choix et de ses votes. Ce n'était donc pas un problème. Cette liberté d'appréciation était donc parfaitement admise et clairement affirmée entre nous, jusque dans l'enceinte du conseil municipal.


Mais voilà toute la contradiction : comment ce qui était officiellement accepté pouvait-il devenir, dans les faits, une source de reproches ou de tensions, sans que personne ne prenne véritablement la peine d'en discuter ouvertement ?

Encore et toujours le même problème : le dialogue. Ou plutôt son absence. Ce ne sont pas nécessairement les désaccords qui détruisent une équipe, mais bien souvent l'incapacité à les aborder et à les résoudre, voire à les nier.

Et quelle fut la réaction de Thierry Laur à ce message annonçant notamment la réduction de son groupe ?

« Merci pour l'info du conseil municipal. »

Il faisait évidemment référence à la première information du message : la date de notre prochaine séance!

Quant à la seconde, celle qui annonçait pourtant la désagrégation de son propre groupe politique… pas un mot.

Les départs ? Les interrogations ? Le devenir du groupe ?

Silence. Il fallait oser!


Mais au moins, nous connaissons la date du prochain conseil municipal!

Une réponse qui, à elle seule, illustre assez bien ce que je tente d'expliquer depuis plusieurs paragraphes : à force de ne pas vouloir aborder les problèmes, on finit parfois par ne plus avoir de groupe pour en discuter!


Cinq élus, mais plus de groupe politique reconnu


Au-delà des relations humaines, ces départs entraînent une conséquence institutionnelle.

L'article 32 du règlement intérieur du Conseil municipal du Barcarès prévoit qu'un groupe politique doit être composé d'au moins quatre conseillers municipaux.

Or, après les départs de Patrick Ganel, Arnaud Bruchet et le mien, seuls Thierry Laur et Virginie Cugnière demeurent dans la formation initiale.


Le seuil réglementaire n'est donc plus atteint.


Le groupe politique constitué après les élections ne peut plus conserver sa reconnaissance dans les conditions prévues par ce règlement.


Les cinq sièges de l'opposition demeurent, mais le groupe politique ne remplit plus les conditions pour être reconnu.


Une distinction essentielle : personne n'a démissionné de son mandat municipal.


Les cinq conseillers conservent leur qualité d'élus et peuvent continuer à exercer leurs fonctions. Trois ont annoncé leur indépendance à l'égard du groupe initial ; les deux autres n'appartiennent plus, à eux seuls, à un groupe reconnu au sens de l'article 32.


Cette nouvelle situation appelle néanmoins plusieurs clarifications : quelle organisation pour les commissions municipales ? Quelles conséquences pour la représentation des élus minoritaires ? Et comment sera désormais assuré le droit d'expression dans L'Écoute, le bulletin municipal?

L'article 34 du règlement intérieur prévoit bien un espace d'expression pour les conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale. Il reste donc à préciser les modalités de son exercice dans cette nouvelle configuration.

Ces questions devront être examinées à la lumière du règlement intérieur et des dispositions légales applicables.

La mairie a été informée de ma décision ce 21 octobre à 9h.



Indépendante et toujours engagée


Je souhaite terminer cet article par une précision importante.

Mon départ du groupe ne constitue ni un retrait de la vie municipale, ni un renoncement à mes engagements, ni un rapprochement avec la majorité.

Je demeure conseillère municipale d'opposition indépendante, avec la même énergie et conviction depuis 2020.

Je continuerai à étudier les délibérations, à poser les questions nécessaires, à rechercher les documents, à vérifier les informations et à rendre compte, autant que possible, des décisions qui concernent notre commune.


La transparence, l'accès à l'information et la diffusion de documents publics utiles à la compréhension des dossiers municipaux resteront au cœur de ma démarche.

Et si demain un dossier justifie de travailler avec un autre conseiller municipal, je n'y vois aucun obstacle. L'indépendance n'interdit ni le dialogue ni la collaboration. Elle évite simplement d'afficher une unité qui n'existe plus.

Les équipes changent, les groupes se composent et se décomposent, les sièges se déplacent… La bonne posture, c'est d'abord de savoir qui a les mains sur le dossier... et ensuite de veiller à ne pas s'assoir à côté !


Mais une chose demeure : les mandats confiés par les Barcarésiens.

Et pour ma part, c'est bien là que se situe l'essentiel.


Et vous, qu'en pensez-vous?

 
 
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